Jean Chabot, l'Algérie

Vous pouvez accéder au site officiel en cliquant sur le lien Jean Chabot

Album-Jean et Marie 003

Jean Chabot avec Marie Gervier, son épouse à la villa Abd-el-Tif en 1948

C’est en juillet 1947 que Jean Chabot se porte candidat pour le prix du Gouvernement Général de l’Algérie. Désigné comme lauréat en Octobre il rejoint l’Algérie, avec son épouse, à la fin de la même année pour un séjour de deux ans.

Créée en 1908 par le Gouverneur Général Jonnart, la fondation récompensait chaque année un peintre et un sculpteur qui étaient admis pendant deux ans comme pensionnaires à la villa Abd-El-Tif implantée à Alger dans la forêt d’El Hama et à proximité du Musée National. Calquée sur le principe de la villa Médicis ou de la casa Vélasquez, la fondation permettait aux lauréats de loger avec leur famille dans la villa qui abritait en permanence quatre artistes bénéficiant d’une bourse. En réponse à un journaliste qui lui demande s’il a formé des projets avant de partir, Jean Chabot répond « Je vais dans un pays dont j’ignore tout. Du paysage et de l’art algérien, je ne suis renseigné que par des photos. En tout cas, je pars sans préjugés. Je ne sais qu’une chose : ma femme et moi, nous allons vers le soleil et l’inconnu ».

Jean Chabot vécut ainsi à Alger en 1948 et 1949 en compagnie de son épouse et de ses confères Boitel, Beaucé et Ragueneau et d’un cinquième pensionnaire invité, le sculpteur Damboise.

Jean Chabot ne se contentera pas d’observer Alger et ses environs. Il prendra aussi, en 1949, la direction du sud algérien, à la découverte de Ghardhaïa, Touggourt, Biskra et Ouargla.

En 1949, il participe à l’exposition regroupant les œuvres des pensionnaires, salle Pierre Bordes. En 1951 le Musée d’Alger fera l’acquisition d’une de ses toiles : « Scène Algérienne ».

Le séjour en Algérie permit incontestablement à l’artiste d’affirmer son métier. Ce fut aussi une période très féconde avec la réalisation d’une centaine d’huiles, plus de cent vingt aquarelles et gouaches et plus de deux cents dessins. A son retour en France, il tire lui-même le bilan de son séjour : « A certains points de vue le séjour m’aura été salutaire, surtout en ce qui concerne la couleur et le dessin. Là-bas, les contours sont beaucoup plus nets qu’ici. Jamais ils ne sont enveloppés. D’où un dessin plus découpé. Il n’y a pas de lointains, c’est pourquoi les plans se présentent autrement que sous notre ciel. Dans le Sud, certaines couleurs, sauf aux heures où le soleil les mange, sont exaltées. Ainsi des jaunes et des rouges. Au contraire, le vert tourne au gris, les ombres deviennent bleues… Il semble que le séjour en Algérie aura sur mon œuvre ce résultat : un enrichissement plutôt qu’une influence ».

compteur.js.php?url=KLX%2FVDYHJro%3D&df=